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"Ils se moquent de moi parce que je suis différent,  je me moque d'eux parce qu'ils sont tous pareils "

                                              - Kurt Cobain - 

Ma vie en Van ou comment je suis devenu nomade.

Il y a quelques années, si vous m’aviez prédit que je nicherai dans un camion aménagé de moins de 10 m², je vous aurais ri au nez. Moi qui m’entichais d’une vie bien honnête et douillette, dans une respectable maison à la campagne, mon jardin, mon allée gravillonnée, mon tacot et mon sofa pépère, une myriade de machins protecteurs qui aspergeait mon bonheur full sentimental, les doigts de pieds en éventail, zappant Jean-Luc Reichman en remettant une buche dans le bouzin. Je n’avais plus qu’à mourir heureux. Peut-être que déjà, je savais que ce n’était pas ce que je voulais… mourir heureux sans frémir avant. Comment en suis-je arrivé à cette descente sociétale vertigineuse alors que mon escabeau de la machine à paraitre avait atteint sa stagnation la plus vertueuse ? Pour le comprendre, je vous invite à prendre la route avec moi, tournons la clé de la liberté, il y a de cela quelques années, c'était quand tout s'enclencha, il était une fois, en 2016...

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2016

Le grand départ

La décision

Quelque part, j’ai toujours conservé dans un coin de ma tête le souhait de partir voyager en Van. .. , avoir un camion dans lequel je pourrais vivre, dormir, manger, être moi, reconquérir la liberté de mon enfance... parcourir le monde et traverser les plus beaux paysages, découvrir leurs différences, retrouver le plaisir de me retrouver là où je veux, quand je veux, sans limites et sans temps.

 

Je voyage la plupart du temps en mode nomade, je dors dans ma voiture ou pose ma toile de tente dans les endroits les plus retirés, j’ai en moi cette envie de vivre mes moments d’évasion autrement que dans les chambres d’hôtel, j'ai le souhait d'une vie différente…

Vais-je enfin franchir le pas et m’offrir mon rêve enfoui  ?

Le conseil du pro

La vie en Van est-elle faite pour vous ? Avez-vous en vous cette envie de partir ou est-ce une lubie qui vous passera dès le premier virage ? Difficile de le savoir, alors, avant de vous lancer dans la grande aventure, testez, louez un Van sur plusieurs jours et analysez vos émotions, ressentez-vous de belles ondes ? Ces sensations sont-elles réellement faites pour vous ?

La recherche

2017

En juin 2017, je mets enfin un terme à ma procrastination  ! Ma décision est prise  : Je me jette à l’eau, et on verra ce qui se passera : c’est dit, j’achète un camion  !

 

Pas cher, on ne sait jamais, au cas où  !

 

Je veux d’abord tester, me tester moi, appréhender les sensations, mon rêve est-il une lubie du moment, mais non, j’ai toujours rêvé de partir à l’aventure en Van, mais là, c’est différent, l’histoire se concrétise, et si je n’aimais pas, un faux désir ? Mais stop, suffit de gamberger dans tous les sens, oui, je veux tenter cette expérience inconnue, moi qui n’est jamais voyagé dans un camping-car ou une caravane.

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Je l’avoue sans honte, je n’y connais strictement rien, je parcours les petites annonces et voilà la perle rare, un camion attire mon attention, mon budget est restreint, on ne sait jamais, si je veux revendre illico la bête à la première virée… un Van aménagé comme on dit dans le jargon que je commence à parler, la « Vanlife », c’est une autre langue, parait-il, commencer à employer les bons mots  !

Je veux un véhicule qui sache prendre les petits chemins sans se retrouver bloqué ou enlisé dès le premier virage, puis je veux fuir les aires trop balisées, je veux vivre au grand air, loin des sentiers de « monsieur tout le monde », je veux gravir les montagnes et m’approcher des lacs, des rivières et des étangs, des océans, prendre les chemins de poussières, ressentir les cahots, un camping-car ne me semble pas adapté au mode de voyage que je souhaite. Ce sera incontestablement un Van qui deviendra mon compagnon de voyage.

La visite

Cette annonce me plait bien : un vieux Fiat Ducato qui semble avoir un peu de bouteille, je fonce, je prends rendez-vous avant que quelqu’un me devance, mon budget est donc assez bas, j’ai choisi de ne pas dépasser les 10 000 euros, je sais que je devrais débourser encore un peu d’argent pour l’aménager à mon goût, les véhicules dans cette gamme de prix sont très prisés, ils ne demeurent pas longtemps sur le marché.

 

Son propriétaire me reçoit droit dans ses pantoufles, il traîne son laxisme autour de son fourgon stationné dans l’allée sinistre de son garage, et, disons-le, le type me semble plus douteux que débonnaire. Le pantouflard me fait visiter son véhicule, tout en m’assassinant de termes aguerris de vieux routard, il me déboulonne des portes découvrant des bouteilles de gaz, des fils enchevêtrés, des compteurs de trucs et des réserves d’eaux sales, déjà je me noie de ces premières connaissances tandis que j’essaie de connecter les données techniques avec les eldorados inconnus que je me suis promis de découvrir.

 

Alors que nous poursuivrons à inaugurer des portes de contreplaqué sans perdre une pantoufle, je m’aperçois que l’habitacle est… limité, mais le pire est que je ne ressens aucun amour entre le routard en savate et son véhicule, et, j’avoue, sans amour… ça me contrarie, moi qui ai besoin d’affectif, visiblement, entre ces deux-là, ça ne semble pas être le nirvana, c’est plutôt le road trip du désespoir.

Bref, le coup de cœur n’y est pas, je sens le laisser aller dans cette présentation tout comme dans l’aménagement du fourgon, l’habitacle est mal configuré, le couloir est exigu et laisse peu de place au mouvement à la vie que je souhaite, c’est étouffant, ce n’est pas ce que je recherche, je veux… de l’espace.

 

J’écoute mon intuition. Ce ne sera pas celui-là.

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La rencontre

28 Juin 2017

C’est un Renaut Master qui patiente dans une petite ville à côté de La Rochelle, et là… c’est le coup de cœur… À première vue, le bolide ne paye pas de mine, une caisse toute blanche, impersonnelle et sans fenêtre, à l’intérieur, un vieux meuble semble être celui de la cuisine, tout est bricolé succinctement, mais je m’en fous, je sais que c’est lui, les bonnes ondes envahissent mon corps, mon cœur et mon esprit, le godelureau affiche une grâce folle dans cette rue fréquentée du village où il semble s’être assoupi depuis quelque temps, il me séduit, je tombe amoureux de son impertinence paisible.

 

Le Renault ne pèse que 7000 €, son compteur affiche 189 000 km, mais ce qui me charme le plus, c’est avant tout son espace intérieur, le gaillard est terriblement grand (6 mètres de long et 2,45 de hauteur !), mais il est bien proportionné et reste manœuvrable pour un néophyte comme moi, et puis son lit est posé en hauteur, dans le sens de la largeur, il offre de sa fenêtre arrière panoramique une vue sur le paysage, enfin fenêtre, façon de dire, il n’y en a pas, les portes arrières forment un cadre enchantant quand elles sont ouvertes. Oui, je précise : il est intégralement tolé, c’est-à-dire qu’il ne possède aucune fenêtre et c’est plutôt ce que je veux, je ne souhaite pas qu’il ressemble à un camping-car, ni à un Van toutes options comprises, je préfère être discret et passer inaperçu, là, on imaginerait un authentique fourgon d’artisan qui passe partout !

 

C’est lui, oui, c’est avec lui que je souhaite vivre mes premières expériences nocturnes.

 

Aussitôt payé, aussitôt kidnappé ! Je m’enfuis, j’ai l’impression d’être un gamin qui a volé son jouet dans un supermarché, j’appuie sur l’accélérateur, je le sors de sa cage, hors de la vue de son ex propriétaire, il ne me le reprendra pas, j’éloigne le Graal de quelques kilomètres du délit signé dans les normes, le premier parking en bord de mer suffira pour l’admirer sauvagement. Nous voilà sur le lieu de recel, le premier…, je me sens évadé, une singulière sensation grandit dans ma poitrine… Vais-je me réveiller ?

Choisir un nom ou pas ?

Titine ou Charlotte, nous avons tous pris l'habitude de donner un nom à notre voiture, celle qui nous emmène au boulot ou en vacances, mais un véhicule où on va passer nos journées et nos nuits, là, nous sommes davantage dans l'affect, la plupart des voyageurs lui offrent un petit nom, souvent masculin ( ah la parité ! ) et souvent un peu démodé, Michel, Gérard, Robert, Laurent ( non finalement pas Laurent ), et pourquoi pas Gertrude, mais rien d'obligé hein, vous pouvez l'appeler machin ou bidule. 

Un p'tit nom ?

Il s’appellera...    Charlie, c’est sans aucune raison... ( pour le moment, mais je comprendrai pourquoi plus tard ce nom n'est pas arrivé par hasard ) .

 

          Charlie Master.

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Ce que je viens de vivre, je l’accueille comme un virus attrapé dans le fil de ma vie, je viens d’entrer dans ce monde inconnu et j’ai envie de m'en gorger et ne pas pouvoir en guérir.

 

J’ai envie d’aller plus loin, de prendre le temps, de découvrir cet autre monde où je me découvre en homme encore plus heureux.

 

Charlie s’est engagé dans ma vie, il est là, paisible devant ma maison, il attend..., nous attendons le week-end, un soir, quelques jours de vacances, la quasi-entièreté de mon temps libre lui est consacrée, je retrouve chaque occasion pour grimper dans mon nouveau chez moi et filer, une soirée dans la cour des amis, une fête, ou un bord d’une rivière à 10 kilomètres de la maison.

 

Cette année-là, ma compagne, moi et Charlie nous nous émancipons dans des voyages plus longs et plus éloignés, les road trips improvisés ou non, nous entrainent dans les montagnes, l’océan, les rivières, les étendues d'eau, les forêts, les coins de natures paisibles que nous affectionnons, nous découvrons des régions, lointaines ou parfois à quelques kilomètres de chez nous que nous n’aurions jamais imaginés visiter sans cette façon de vivre, installer sa maison à quelques encablures d’un petit village permet de prendre davantage de temps pour flâner. Nous partons à l'aventure en Espagne et au Portugal.

 

Mais rapidement, pour ces voyages, je prends conscience qu' il devient essentiel de «  moderniser » Charlie, je passerai donc du temps sur sa rénovation.

Un peu de technique facile : L’équipement basique

La première nuit

Charlie est en bas de chez moi, il attend notre première sortie, je l’équipe du nécessaire de survie basique, quelques vêtements, draps, couvertures, un peu de bouffe et de la vaisselle, on fait le plein d’eau et on file à vingt bons kilomètres de la maison, une prise de risque insensé.

 

Je dis « on », car cette année, je suis en couple, et c’est avec ma chérie, qui comme moi débute la Vanlife, que nous allons découvrir notre première nuit à l’aventure.

 

Nous installons donc Charlie dans un champ, au bord d’une toute petite rivière, affluent de la Charente pour disposer d’eau au petit matin, car Charlie n’a pas de douche et n’est pas très pourvu pour la toilette, un bidon en plastique nous servira de réservoir d'eau potable.

 

Ma première nuit sous les étoiles avec Charlie.

 

Dans ma vie, j’ai déjà fait du camping, je partais à l’aventure, je dormais à la belle étoile dans ma voiture, ou en toile de tente, mais là, j'éprouvais quelque chose de particulier.

Il m’est très difficile de dépeindre ce que j’ai ressenti le matin en entrouvrant la porte de Charlie sur ce paysage de nature, puis, quand j’ai déposé mon pied nu par terre, cette respiration intense de liberté, mais ce que je sais, c’est que c’est à cet instant que m’ait apparue la révélation, cette sensation, je veux l’ajouter à ma vie et la revivre.

L'avis du Baroudeur

Se lancer dans l’achat d’un Véhicule de voyage alors que l’on n’y connaît rien ? Prenez votre temps, comparez, écoutez les vieux routards échanger sur les Forums, regardez des vidéos et faites-vous une idée de ce Nouveau Monde, mais… surtout, écoutez votre cœur, et ne vous laissez pas influencer, car si un véhicule peut correspondre pour un autre, pas sûr qu’il est le compagnon de vos rêves, votre roulotte est en concordance avec ce que vous êtes et votre façon de voyager, posez-vous cette question : Comment vais-je envisager de vivre mes voyages ? Selon votre première étude, choisissez le véhicule adapté à votre nouveau mode de vie.

L'aménagement

2016

C’est en voyageant que l’on s’aperçoit de ce que l’on a besoin, et comment on se voit évoluer dans un espace de vie réduit.

Je le reconstruis à mon goût, je conserve le lit qui est bien structuré et monté sur ses meubles, mais je modifie totalement le reste. J'aime bricoler et apprendre, je me passionne davantage à m’activer dans son amélioration.

 

Comme tout bon débutant, je me rends compte que je me suis fait berner par le propriétaire : il m’avait vanté les mérites de son chauffage électrique, une soufflerie de 1000 watts branchée sur une misérable batterie de 100 ampères reliés à l’alternateur du camion  !

 

La supercherie est pourtant flagrante ! « L’engin » chauffant décharge la batterie en seulement quelques minutes !

 

Charlie est sans chauffage donc. Tant pis, je décide de m’en passer, vivons à la roots !

 

Je vire l’installation frauduleuse et j’équipe mon cocon de deux panneaux solaires souples, de chacun 100 watts, une nouvelle batterie performante, une installation qui suffira pour commencer, finalement nous ne partons que par intermittence. J’apprends aussi a économiser considérablement l’électricité, le gaz et l’eau. La Vanlife est une véritable école écologiste !

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Les premiers aménagements de Charlie, du bois et des vis, un peu de peinture, et quelques idées, mais on est loin du grand luxe

Comment équiper son camion ?

Un camion aménagé à la « roots » est particulier d’un camping-car ou d’un Van clé en main, ici, il faut créer entièrement suivant nos nécessités premières : Lit, douche, wc, cuisine, chauffage, autonomie électrique, eau, et gaz, chacun pensera suivant ses goûts, ses besoins, ses moyens et son utilisation, de nombreux tutos vidéo sur internet apportent les premières idées. Pour la partie technique, parlons de l’autonomie électrique, si l’on a choisi comme moi d’éviter les campings, les panneaux solaires sont indispensables. Un petit réchaud portable simple ou double peut suffire, mieux vaut utiliser un modèle utilisant les bouteilles de gaz de taille moyenne ou plus grosse si on dispose de place, car moins consommateur, le stockage de l’eau peut être simplifié en bidon, mais ne jamais la boire directement, un purificateur d’eau ou une fontaine à eau est indispensable. Un chauffage ? Ceux à gasoil sont les plus utilisés, ils peuvent être reliés au réservoir, mais le montage doit être fait avec précaution, les électriques sont trop énergivores, le chauffage au bois, c’est pas mal, mais là encore l'installation doit être rigoureuse. Les petits chauffages au gaz portatifs nécessitent une bonne aération, et un emploi restreint, dans tous les cas, je préfère éteindre le chauffage la nuit. Une glacière électrique ou au gaz ? Les « trimixes » (12, 220, et gaz) peuvent être un choix, mais prévoyez une bonne installation électrique si vous n’allez pas en camping ou envisagez de longs séjours, sinon les glacières à compression représentent le meilleur compromis, elles sont peu onéreuses, efficaces, silencieuses et économes.

Les centrales électriques au Lithium présentent un bon compromis si on recherche une installation simple et efficace et se passer d'un électricien chevronné. Elles offrent à la perfection un rendement identique à une installation classique, car elles rassemblent toutes les qualités et fournissent toutes les options essentielles à la vie en Van. L’onduleur permet d’emmagasiner l’énergie, elles sont équipées de plusieurs prises de 12 et 220 volts. Certaines sont très puissantes et permettent de viser l’autonomie totale et sans complexe, terminés les tableaux truffés de fils électriques qui s'emmêlent et de fusibles qui pètent tout le temps, leur rechargement s'effectue simplement avec les panneaux solaires fixes ou portables si on ne veut pas s'embêter à les fixer sur le toit, les prises 220 volts traditionnelles, ou encore par la prise 12 volts embout allume cigare, quand on roule donc, et cerise sur le gâteau, tout ce beau monde est fourni généralement dans le pack. Petites, compactes, et transportables, il suffit de poser la station dans un emplacement stratégique du Van pour avoir accès à toutes les fonctions et il ne reste plus qu'à tourner la clé de contact et prendre la route du paradis.

La FOSSIBOT F2400 offre une puissance admirable de 2048 WH, de quoi voir venir la bougie et fournir largement une autonomie confortable, livrée en pack complet avec tous ses câbles de recharge pour moins de 800 euros, elle n’est pas belle la vie ?

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L'installation complète

Vous avez choisi de réaliser entièrement votre installation électrique vous-mêmes ? Excellent, vous êtes un as de la débrouille ! Ne paniquez pas, de nombreux tutos et plans sont accessibles sur internet, chacun est adapté à l’équipement que vous souhaitez, un coupleur séparateur peut être utilisé pour recharger en roulant par exemple, là encore, la batterie au Lithium, plus compacte et de meilleure qualité offre le meilleur compromis et les prix baissent considérablement, sinon la qualité AGM reste un bon compromis, moins chères mais plus lourdes et moins compactes. Bannissez les batteries au plomb.

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La Batterie Eco-Worthy LifePO4 Lithium 12 V 280 AH offre une puissance impressionnante, elle est rechargeable plus de 6000 fois et une version Blutooth permet de contrôler ses données en temps réel pour moins de 500 euros.

Pour recharger nos batteries, nous avons besoin de panneaux solaires, les rapports qualité-prix des ces bêtes de guerre sont de plus en plus attrayants et leurs performances augmentent, ils en existent de différentes qualités : PERC, Monocristallin, Black contact, prenez le temps de choisir, car un panneau solaire devient un compagnon à long terme, et il est la base de votre consommation, une batterie puissante ne sert à rien si elle n'a pas sa source d'énergie suffisante, si vous visez l’autonomie hors des campings, envisagez une bonne puissance dès le départ ( car ensuite c'est galère à changer ). J’ai commencé avec 2 panneaux souples de 100 watts chacun, mais c'est un peu juste en hiver. Une puissance de 400 watts minimum est déjà une bonne base pour vivre confortablement, mais n’espérez pas faire tourner une machine à laver, d'ailleurs il est préférable de faire une croix sur tous les appareils énergivores et il parait que c'est bénéfique pour la planète.

Si vous souhaitez une pose facile et gagner en poids, optez pour les panneaux souples, ils sont cependant plus onéreux. Les modèles rigides sont meilleur marché, plus robustes et de meilleure qualité, mais ils sont à fixer solidement, les revendeurs proposent des kits complets et là encore, internet est notre meilleur ami pour les nombreux tutos de montage !

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Le Panneau Full Black 450 Watts Sharp est livré avec tout son équipement pour moins de 500 euros, il ne reste plus qu’à suivre la notice de montage, relier les fils et profiter d’un équipement électrique de qualité satisfaisante pour une autonomie totale et confortable.

La colle Sika Flex 521 UV est la star des vanlifers et des camping-caristes, qui ne l'a jamais utilisée me jette la première pierre, elle est disponible en plusieurs coloris, résiste aux intempéries et aux UV, idéale pour coller ou colmater, d’autres dérivés de la même marque sont disponibles, mais la princesse se trouve très rarement dans les magasins de bricolage, prévoyez de stocker un tube d’avance en vous rendant chez les revendeurs de camping-car ou sur internet.

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Aventure épique : Salaire de la peur au Portugal

Nous utilisons la maps pour nous orienter, ce petit sentier à droite sillonne vers un lac d’une beauté absolue, la nuit nous accompagne, notre hôte caillouteux semble être à la portée de nos pneus inexpérimentés. Mais c’est oublier les malices des vieux chemins pourris qui mènent au paradis, le bougre rehausse ses cailloux et ravine ses nids de poule préhistoriques, on bringuebale dans la carlingue, le premier spot en forme d’une petite ile s’avançant sur le lac aurait pu convenir, mais il est déjà occupé par un Français sauvage qui ne souhaite pas partager l’esplanade pourtant propice pour 4 vans bien dodus. Nous n’insistons pas et abandonnons le misanthrope à son ermitage, nous avons crapahuté toute la journée et sommes fatigués, nous n’avons pas forcément raison, car c’est quelques hectomètres plus loin que notre périple nocturne se complique dramatiquement, nous allons découvrir notre première grande et véritable pétoche de la dure vie d’aventuriers… Ici, le chemin de cailloux devient une pente vertigineuse d’une vingtaine de mètres, elle est infranchissable, deux énormes gouffres scarifient toute sa longueur, ils engloutiraient sans remord les roues du 4x4 le plus furieux, chuter dedans, c’est la fin. L’allée est à peine plus large que Charlie, et il est impossible de faire marche arrière. Nous voilà bloqués. La nuit ne nous aide pas, nous songeons un instant attendre le levé du jour, planté dans le passage, d’ailleurs qui peut passer ici à part un cycle ? Je sonde les « crevasses » trop profondes pour ne pas les ignorer, les reboucher ? Trop de matière serait nécessaire. Je mesure leur espacement, Charlie peut descendre, lentement, si nous positionnons parfaitement les roues à ras des entailles sans glisser, pour cela, il faudra avancer très précautionneusement, centimètre par centimètre. Ma compagne est au volant, je la guide comme un Charles Vanel, (bon, elle ne me roulera pas dessus), à ras du sol, scrutant les 4 roues, doucement, stop, freine, oui, laisse le pied sur la pédale de frein, je regarde, putain, il faut que les roues arrières passent aussi, ce n’est pas gagné, elles doivent suivre un chemin linéaire avec les roues avant, leurs trajectoires sont plus difficiles à prévoir, surtout ne pas trop jouer du volant, déduire le bon tracé, frôler les cavités sans glisser dedans, ça passe…ça passe… oui, ça passe… juste, j’éclaire, nous descendons, quelques centimètres, stop, freiner, si nous sortons de la trajectoire, la remontée est impossible, trop pentu, et surtout trop risqué, les crevasses nous guettent comme des hyènes assoiffées de caoutchouc. Nous sommes à mi-chemin, quelques mètres de sueur encore, là, cette fois, le come-back est compromis, le paradis ou l’enfer, stop ! Les roues rasent bien trop les bords, prêtes à riper dans la faille, non ! il reste quelques cailloux, l’arrière passe si nous tournons juste un poil à gauche, puis à droite, ma compagne assure, doucement… on dérape, forcément… nous poussons un grand ouf de soulagement, nous voilà venus à bout de ces fichues lézardes… mais ce n’est pas terminé, car qu’allons-nous trouver plus loin ? Le chemin est-il dans le même état, et puis est-ce un cul-de-sac ? Si c’est le cas, il nous faudra appeler SOS-hélico. Heureusement, le chemin, bien que « technique » sera plus facile, et nous offrira un spot paradisiaque bien mérité où nous nous remettrons de nos émotions…

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L'initiation

2018

Je commence à devenir un petit érudit de la vie nomade, mon voyage au Portugal et mes nombreuses échappées me permettent désormais de trouver des spots plus facilement, bien sûr, je rencontre des galères, mais c’est le propre de tout baroudeur en herbe, des enlisements, des marches arrières improbables, des pentes et des montées trop vertigineuses, des arbustes trop près du chemin, des demi-tours dans les champs de maïs (désolé, oui c’est moi, mais je n’ai pas eu le choix), un arbre qui est tombé après notre passage, ( si si ! ) bloque la sortie, un fossé sorti de nulle part, ou des pistes caillouteuses bien trop redoutables pour un Charlie Master… Je prends de l’assurance, mais aussi pas mal de risques.

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Ici, le chemin se termine, il fait nuit, il pleut, et aucune perspective de demi-tour dans la bouillasse, on s’arrête, on respire un bon coup, on réfléchit, j’apprends l’une des règles d’or : Ne jamais se brusquer, trouver la solution qui va nous sortir de ce guêpier, indubitablement, elle advient toujours. Même si parfois, elle doit couter une rayure sur la carrosserie ou un pull maculé de boue.

Le perfectionnement

Ce week-end, il pleut ? Peu importe, nous traçons la route, manquerait plus qu’on se laisse freiner pour si peu. J’apprends de mes erreurs, comment me fondre dans l’environnement, sans gêner, sans attirer trop les attentions, poser les roues là où personne ne viendra me dire que je dois dégager le terrain, ici, ai-je le droit, le bruit me gênera-t-il, et ça marche plutôt bien. J’apprends à analyser le sens du vent, où se lèvera le soleil demain au réveil, des animaux, des humains passeront-ils ici ? Je choisis mes spots près des plus agréables endroits, un petit chemin blanc escalade la montagne, voyons voir ce qui planque derrière cette pente une fois passée, et ce bosquet ? Un spot, une clairière, une petite rivière qui va nous apporter l’eau si indispensable. Cette forêt m’abritera-t-elle pour ce soir ? Mesurer les désagréments, les avantages, qu’allons nous faire ? Visiter ce petit village, déambuler dans ses rues, nous baigner, flâner, lire, partir en rando ? Attention, ici, la route se change en sentier, c’est de la boue, descendons, examinons le terrain, c’est bon, les roues de Charlie passeront, et s’il pleut demain ? Un regard sur la météo, tout va bien. Et ce chemin blanc, où nous emmène-t-il ? Pourrons-nous faire demi-tour au bout ? Minimisons les risques, souvenons-nous des expériences passées, sortons les vélos et partons en éclaireurs, à gauche, c’est plutôt encombré, mais là à droite, ce chemin tortueux, mais praticable nous invite dans sa clairière et cerise sur le gâteau, une rivière s'écoule à côté. Nous apprenons l’eau, comment la gérer, nous ravitailler, économiser l’électricité, nous réapprenons à vivre différemment, apprenons à modérer nos besoins, d’utiliser seulement ce dont nous avons besoin. Nous avons le sentiment de nous rapprocher de notre instinct animal, celui que la société nous réclame de négliger pour davantage surconsommer. Manger, boire, dormir et respirer, oui, mais pas n’importe quel air : celui que l’on s’est choisi.

La passion

Ce ne sont pas que mes escapades avec cet énergumène qui sont devenues, et le mot est juste, une addiction, mais son existence. Je me surprends à passer du temps à le parfaire, le rendre davantage jouissif, j’en suis amoureux. Comment exprimer cette plénitude de liberté, la bouffée d’oxygène et le tournis qui m'envahit quand je grimpe à son volant, je le démarre, la route s’étire, les feuilles des arbres teintent la large fenêtre et je m’entends dire," c’est parti pour l’aventure !" Quand je reviens, je sais que c’est pour mieux repartir, je bâille au boulot en rêvant de mes folies à venir, au petit matin, ce moment enchanteur de l' ouverture de la large porte latérale m'offre ce monde nouveau qui devient mon histoire. Pourtant, je n'ai pas à me plaindre, mon existence est remplie d'autres passions et occupations, mon boulot est prenant, mais je m’aperçois que Charlie surclasse tout, qu'il embrasse une place de plus en plus majeure. Nos amis ne comprennent pas pourquoi je préfère passer la nuit dans le pré en face de chez eux plutôt que dans leur belle chambre au papier peint refait, d'autres fois, Charlie est d’utilité publique, après une soirée un peu trop arrosée, le terrain de foot de la salle des fêtes est idéal pour reprendre mes esprits, et puis la rivière pas très loin terminera mon week-end. C’est mon arbre, mon nid, mon recueil, mon logis, ma protection, j'y vis les plus beaux moments de ma vie actuelle. Charlie me devient indispensable.

Le check d'arrivée...

La première chose que j’observe quand j’arrive sur un spot, est de me demander si je vais m’y sentir bien et en sûreté, si c’est non, et même si le spot est engageant, je m’en vais, question de perception, c’est le premier check. La sécurité englobe les conditions climatiques et les autres humains, le cassement probable d'une branche, le débordement d'une rivière, le bruit, les odeurs, l'air, la pollution, les battues de chasse, je n'ai pas peur des animaux y compris les moustiques. Suis-je sur un terrain privé, ai-je le droit de me poser là ? Serais-je dérangé demain au levé du jour ? D'autres positionnent leur véhicule prêt à partir en cas de danger, ce n'est pas mon cas, par contre je regarde si je peux facilement sortir. Le second est de définir mon emplacement précis, où le soleil se lève et se couche, d’où le vent souffle, j'aime la clarté, je me perçois comme un animal en terrain inconnu. Je passe toujours du temps à placer mes quatre-roues au centimètre près, je m’entends me traiter de perfectionniste trop souvent, je remonte donner un coup de roue un peu plus sur la gauche ! Suis-je à peu près droit ? Un regard à l’intérieur, qu’est ce qui est tombé pendant le voyage ? J’organise ma sédentarisation, pour profiter de mon spot. Je fais un petit tour dans les environs, voir ce qui m’entoure et comprendre mon nouveau lieu. Puis je me pose et je contemple, je porte ma gratitude à l’univers pour sa mansuétude. Ça y est le camp est posé, vais-je y rester une journée ou plus ?

...et le check de départ

Je commence par l’intérieur, ranger pour être cool quand j’arriverai sur mon prochain spot, caler, je prends une minute visuelle pour identifier tout ce qui peut tomber ( mais bon, ça ne marche pas toujours ), la bouteille de bière conspiratrice a retrouvé son bouchon et le silencieux lanterneau scélérat est bouclé. Je fais le tour extérieur, j’ai vécu avec désespoir les abandons sur les spots amis, la paire de sandales devenue orpheline, la gamelle du chien écrasée comme une crêpe, la serviette bronzant sur la branche, les bières baignant fraichement dans la rivière. Je déplace le camion, redescend encore, une fois sur deux, un bidule s’est planqué dessous, tiens effectivement, la baballe du chien, et puis ce dernier check me donne la bonne conscience que j’ai laissé l’environnement aussi propre voir souvent davantage qu’ à mon arrivée. Je remercie l’univers de m’avoir offert ce moment de vie. Check, prêt à partir pour de nouvelles aventures !

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Mai 2019
 

Le chamboulement

C’est la séparation, ma compagne me quitte, ma vie bascule, je sombre dans la dépression. J’ai prêté Charlie à une amie, je ne le reverrai pas durant tout le mois. Je m’inquiète sur un point de ma vie : vais-je poursuivre mes escapades en Van ? Et si toutes ses merveilleuses aventures se terminaient ? Car comment apprécier ces moments de vie à bord de Charlie seul et sans elle ? Est-ce possible ? À vrai dire, j’attends le retour de Charlie avec impatience, et quand il revient, tout l’amour que j’ai pour lui réapparaît. Mais ça ne suffit pas, j’appréhende le moment où je vais repartir seul, même si mon plus fidèle ami, mon inséparable et adorable Border Collie, Amour m’offre sa compagnie.

Pour le savoir, un seul moyen : m’organiser une escapade malgré mes troubles, donner une réponse à mes incertitudes, observer mes émotions, car je me connais, je ne continuerai pas si je ne me sens pas bien, j’arrêterai donc la Vanlife totalement et me séparerai de Charlie, réellement cette question m’obsède.

Quand Charlie revient, la première chose que j’entreprends avant de repartir est de renouveler son intérieur, pas le plus essentiel bien sûr, mais je le remodèle à mon goût, lui redonne une autre couleur, une image différente, je bannis, tranche, crée et perfectionne, Charlie renait. Moi, pas encore. C’est décidé, j’organise ma retraite pour quelques jours au bord de l’estuaire où je ne verrai personne, je ne ferai rien, j'observerai l’océan, marcherai, me parlerai, me réconforterai, me comprendrai, me rapprocherai de la nature, ses animaux, l’eau, les herbes, la terre, le vent, le vide, mon chien, Charlie et moi. Mais les aléas de la vie en décideront autrement…

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J’ai peur. Je tourne la clé, Charlie vrombit. J’accélère timidement, la route commence à défiler, j’écoute mes premières émotions… non… oui… non… elles sont là… je les reconnais, je les apprécie, elles n'ont pas variées, ces souffles de bien-être qui m'envahissent, cette excitation indéfinissable, mais je ne veux pas trop anticiper, patienter, espérer, croire, car cette foutue dépression m’engloutit toujours, je la sens distincte pourtant, un curieux amalgame de mal être et de bonheur.

Je franchis le chemin de terre, et pose le campement dans les herbes, au bord de l’eau, un grand parterre sauvage nous accueille, l’espace s’étend à l’infini, il fait bon, le coin est somptueux, opportun à passer ces quelques jours. Seul. Tout est là, entier, cette perception de liberté, de renaissance, tout est conservé intact en moi. Ces moments me redonnent la joie, je recommence pour m’en assurer, d’autres spots, d’autres escapades, et puis… des rencontres. Certaines sont voulues, d’autres non, improbables dans ces endroits où je me suis perdu pour mieux me retrouver… moi qui voulais rester seul, c’est raté, mais j’avoue qu’elles me font du bien. Je revis…

 

La solitude en Van, j’y reviendrai plus tard, mais dans le courant de l’année 2019, je me retrouve, lentement certes, car on n’émerge pas d’une maladie comme la dépression en un claquement de doigts, mais je réapprends ce que j’avais perdu durant cette relation toxique, je réalise à quel point j’ai pu m’oublier. Je renais, découvre que d’autres peuvent m’aimer, je me sens redevenir un homme. Mais le plus important est le nouveau regard que je me porte, j’apprends à me comprendre, à accueillir mes émotions, à savoir qui je suis, à m’aimer, ce n’est pas toujours facile, je rechute, puis me rétablis, la fin d’année sera tumultueuse, mais de belles âmes bienveillantes m’aideront à passer le cap vers l’année 2020… Je garderai mon merveilleux Charlie à mes côtés et me promets de vivre avec lui, nos plus belles aventures.

Prochainement... ( en écriture )

2020

La prise de conscience

Saint Jacques

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2024

Le chemin de la 
sérénité

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2021

Changement de vie

L'adaptation

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2022

Le Road Trip

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2025

L'aventure reste
à écrire

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2023

La vie de Bohème

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